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N° 009 - Je lis pour partager

La lecture pour moi, c’est une passion. C’est un virus qui m’a été inoculé depuis les cours élémentaires. Je n’en suis jamais guérie jusqu’à ce jour.  Dans l’école primaire où j’étais, dont mon cousin germain était le directeur, Joseph Salcède ; il y avait institué une petite bibliothèque. C’est là qu’a commencé mes premières lectures. À l’époque, il n’y avait pas beaucoup de livres. Mais le gout du livre m’est venu d’un jeu qui consistait à trouver des mots dans le dictionnaire. Mon père en était l’initiateur. C’est l’amour des mots qui m’a fait aimer les livres. Et l’amour des livres m’a certaine amené vers l’écriture. J’écris presqu’autant que je lis. Plus tard, ma relation avec les livres était devenue tellement intime, que je m’inscrivais plus à la bibliothèque. Je ne supportais pas l’idée de devoir ramener les livres, je préférais les posséder. Alors je les achetais.

Les livres ont toujours été présents dans ma vie. Aussi loin que s’égarent mes souvenirs, il y a des histoires qui ont marqué mon existence.  Le petit Poucet est resté dans ma mémoire pour son courage, son intelligence et sa témérité. C’est l’histoire d’une famille de huit enfants, qui vivait dans la pauvreté. La mère qui ne voulait pas regarder ses enfants mourir de faim, a décidé avec son mari, de les perdre dans la forêt. Les autres enfants dormaient, mais Petit Poucet éveillé, écoutait la conversation. Le lendemain, sur le chemin vers la forêt, il a marqué la route en y jetant, tout le long de la marche, des petits cailloux. Grâce à cette stratégie, il a pu retrouver sa maison et rejoindre ses parents.

J’ai été enseignante spécialisée, puis cheffe d’établissements spécialisés. Dans un premier temps, ma carrière a été un moyen de transmettre aux enfants, cette passion inépuisable des livres. Après ma retraite, il fallait continuer. Il fallait conserver ma démarche de mobiliser autour du livre. Pour cela, j’ai, dans un second temps, créé une association de femmes, dont toutes les activités sont des manifestations littéraires. Il y eu la création de la bibliothèque de rue, la réalisation de l’alphabétisation avec les adultes, l’organisation de goûter littéraire et souper littéraire arts… toute une pléiade d’actions pour un seul but : sensibiliser à la lecture.

De cette envie de susciter l’envie de lire chez l’autre, j’ai tiré une grande satisfaction. Par exemple, j’ai un retour tout à fait positif des gens que j’ai alphabétisés, il y a quelques années. Car aujourd’hui, ils lisent. Et les enfants qui fréquentent la bibliothèque de rue sont tellement biLucette Passave Salcèdeen conquis, que parfois ils demandent que je vienne les dimanches leur lire des livres.

J’ai beaucoup lu pour les autres. Pour leur dire, leur montrer. Pour partager. Je continue à le faire et j’en éprouve un grand plaisir. Je lis aussi pour moi. Pour moi et pour les autres, car mes lectures personnelles sont souvent objets à partager.

La littérature antillaise, les romans, des livres sur la spiritualité, mon répertoire est riche et divers. Là je lis « Trois amis en quête de sagesse ». Un livre de Christophe André, Alexandre Jollien et Mattieu Ricard respectivement moine, philosophe et psychiatre, qui racontent en quatre cent quatre-vingt pages leurs expériences, leurs efforts et les leçons apprises en chemin ; pour répondre à certaines questions. Comme, comment diminuer le mal-être ? Comment développer notre capacité au bonheur et à l’altruisme ? Ou comment devenir plus libre ? Ce dernier livre que je lis avec énormément d’attention et autant de plaisir, me conduit sur le pas de la sagesse et  la sérénité. Mon souhait serait que tous les enfants de Guadeloupe et pourquoi du monde entier, brulent aussi de cette fièvre qu’est la  lecture. Car c’est un pur bonheur de s’y délecter.

 

Lucette Passave Salcède

 

@moijelis

 

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