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N° 011 - Je lis pour me libérer

Lord Edwin Byron

Ne perdez pas votre temps. Lisez sans cesse. Ne perdez pas votre temps à vous expliquer. Écoutez votre bon plaisir. Taisez-vous. Ernest Hemingway

Dès ma prime enfance j'ai été absorbé par une passion dévorante pour les livres. Je les déchirais pour en fabriquer des avions et de beaux bateaux. Parfois quand ma rage atteignait son apogée, je me plaisais à en mastiquer les feuilles et à en faire des boulets. Je m'en souviens clairement. Au fil des ans, j'ai commencé à développer d'autres liens avec ces objets qui pulvérisent de bonheur sans nom par le biais de mon père qui a toujours été un ami de surchoix. Un bon ami qui utilisait les livres pour me pousser à aiguiser mon goût de la découverte. Je n'y étais pas réticent heureusement. Et j'ai vite compris que les livres sont faits pour faire voyager vers des sommets insoupçonnés. Et je m'y suis adonné à cœur joie.

Ces livres qui m’habiteront encore longtemps

Le lac, de Alphonse de Lamartine, je l'ai découvert à 11 ans. C'était fabuleux. J’y ai fait la rencontre du clou du romantisme français. Quant à Byron de André Maurois (de l’Académie française), je n’arrivais pas à le lire de couverture en couverture à cet âge. Mais il a toujours été mon livre de chevet, puisque je l’utilisais pour prouver à mes amis que je porte un nom de poète. Par-dessus tout sur la demande de mon père, j'étais comme contraint de lire et de lui faire part des histoires que j'ai découvertes. Ainsi, ai-je dévoré un petit bijou de Robert Louis Stevenson intitulé Le diable dans la bouteille. Et c'est ce petit livre fantastique qui a enfin attisé ma curiosité. Je l'ai affectionné avec une rare folie. C'était sublime. Cette histoire de même acabit que celles que me contait mon père, m’a poussé vers d'autres faiseurs de rêves dont José Mauro De Vasconcelos qui m'a fait découvrir le fameux Allons réveiller le soleil; Margaret Papillon dont la légende de Quisqueya m’a longtemps habité.

J'ai eu la chance de lire L'esprit des lois de Montesquieu en niveau 3, en sciences politiques. J'ai été ébahi de voir qu'en classe de rétho, les enseignants ne font que survoler le XVIIIe siècle français et que les élèves ne retiennent rien de considérable sur le siècle des lumières. Comme il en est aussi le cas pour les écrivains du XVIIe et du XIXe siècle.

Plus tard cette superbe folie de me libérer m’a poussé vers d’autres figures de la littérature universelle dont Vladimir Maiakovsky, Milan Kundera, Dan Brown, Paulo Coelho, Noel Audet, Alexandre Dumas, Lyonel Trouillot, Emmelie Prophète, Yayia Belaskri, Frankétienne, Gary Victor...

Le livre, un bon remède pour les pulsions internes

Le livre est aussi un objet de plaisir qui permet de satisfaire des pulsions internes. Si autrefois, mes lectures étaient compassées et orientées selon le goût de mon père, au fil des ans, elles se sont totalement libérées. Et Je commençais à lire avec d’autres soucis. C’est tantôt pour me requinquer de liberté. Tantôt pour assumer et sustenter ma folie de découverte. Par-dessus tout, pour des devoirs de recherches. Bref pour me former. Là je ne parle pas de la lecture comme la comprennent les paresseux qui se contentent  du titre, du nom de l’auteur et de quelques fragments et qui vont se targuer d’avoir déniché un superbe ouvrage rien que pour nourrir leur vantardise auprès de quelques amis. Ils sont nombreux ceux qui prennent ce « chemen dekoupe », qui n’ont jamais lu un livre de couverture en couverture, mais qui, à la faveur du résumé, prennent le risque de se mesurer à d’autres. Heureusement, un lecteur avisé finit toujours par démasquer l’imposteur.

La lecture transporte parfois vers des lieux inimaginables. Elle nous fait découvrir des climats qui glacent le cœur. Nous fait complice des instants merveilleux ayant ponctué la vie de certains amoureux. En lisant on a comme l’impression de discerner les désirs des oiseaux. Comprendre le murmure des arbres. Et vivre dans l’intimité d’un personnage.

Moi je lis pour me libérer. Et pour assumer ma folie. Je lis pour ceux qui ne lisent pas, mais je suis sûr que je n’arriverai pas à les libérer.

 

Lord Edwin Byron

@moijelis

 

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