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N° 022 - Je lis pour cultiver mon humanité

Jeanne-Elsa Chéry

Toute page imprimée est bonne à lire! Ce serait là mon crédo, ou du moins mon principe à moi. Je n’ai jamais été forcée de lire. Entre les pages et moi, ce fut toujours une histoire d’amour digne d’être racontée. Ce que je compte faire dans ces quelques lignes qui vont suivre. Au plaisir!

 

Il s’agit pour moi, quand je lis Zola, Victor Hugo, Lyonel Trouillot, Émilie Prophète, Romain Garry, Billy Mondésir et même BIC, d’un vrai régal. J’apprends à travers la lecture, des traits de caractère. Je voyage, je m’instruis et deviens plus proche de mes connaissances qui parfois ressemblent aux personnages. J’ose vous le dire, je préfère les romans historiques à tout autre genre littéraire. Ceci étant dit, comprenez que j’en lis des tonnes. Vous allez aussi comprendre que lire n’a jamais été pour moi une activité singulière, ni en quelque sorte fantaisiste, mais un pas de plus vers quelque chose qui me dépasse : L’humanité, le monde et ses schèmes de pensée; le monde et ses tournures, les individus des quatre coins de la terre avec leurs passions, leurs déboires. Oui, ma vie est un long fleuve tranquille sans les pages. Je ne voudrais pas l’affirmer mais ceux qui me côtoient le savent : Je lis avec la pleine satisfaction d’avoir voyagé. Lire m’émerveille, me construit, me fait rêver...

Commençons par la petite histoire. Il était une fois une petite fille âgée de 6 ans, qui voyait son père, un pasteur, lever la nuit pour lire, pleurer parce qu’il était impuissant devant la misère du monde et qui s’est dit je veux être comme papa. Je veux être sensible comme papa. Pour vous dire toute la vérité, voilà : Les livres, c’est mon mur de lamentation, mon coffre-fort. Pourtant les pages sont aussi c’est une saveur exquise à mon palais. Je me perdrais en territoire inconnu mais survivrais grâce à certains mots tirés de tel ou tel livre. Je m’en régalerais en lieu et place d’eau et de nourriture, car : « L’esprit content est un trésor des plus précieux que l’on connaisse. Il vaut mieux que beaucoup d’or, contentement par sa richesse». C’est une chanson protestante.

J’ai bien dit les pages et vous allez comprendre, que je suis toujours à l’affut de la poésie, des choses qui dépassent mon réel immédiat.

Encore, ces proses de Yasmina Khadra : « Si tu veux être au dessus du délire, aime! »

Je lis pour me réfugier dans d’autres univers moins cons; Je lis pour oublier mes amours perdues; je lis pour ne pas croire que je suis une bête amoureuse. Ceci étant dit, j’aime l’amour. J’aime les gens. J’aime la vie mais faut pas qu’elle soit comme un long fleuve tranquille. Et les livres servent à dynamiser mon quotidien. Dans les livres, je rencontre des personnages grotesques, amoureux, rebelles, généreux, beaux baiseurs, manipulateurs. Et quand je les croise dans la vie réelle, je sais mieux comment m’y prendre. Les pages m’instruisent.

Les Misérables de Victor Hugo, La belle Amour humaine de Lyonel Trouillot ou Bèbè Golgota de Pierre Michel Chéry nourrissent mon humanité. Les personnages que mes yeux ont côtoyés sont parfois atypiques mais très souvent on y décèle des traits de caractères semblables à une connaissance. Et histoire racontée est parfois comme une mise en scène de certaines réalités qui me sont familières. Les livres me permettent de mieux connaitre les gens. Comme ça, je peux les protéger. Je peux très facilement éviter de les froisser. Les livres me transmettent ma part d’humanité. Cela rend la vie beaucoup plus belle, tellement plus gaie, bougrement attrayante.

C’est une aventure indomptable, la lecture chez moi. Et cela fait des entailles profondes à mon sens quand je vois des analphabètes confirmés n’ayant pas accès à ce monde merveilleux. Cela me tétanise l’esprit de ne pas pouvoir sortir un enfant de ses crasses pour lui tendre le Petit prince. Je suis désolée, carrément désolée de voir des êtres sans passion; pas forcément pour la lecture mais des gens que la vie happe, à les rendre de plus en plus moins extraordinaire. J’aurais aimé que tout le monde cultive son humanité; c’est à partir de là qu’on parlerait d’un nouvel ordre mondial, d’un monde nouveau où la vie serait synonyme de pages ou de beauté.

 

Jeanne-Elsa Chéry

 

@moijelis

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