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N° 033 - Lire pour survivre l'indicible

 

Michelle MEVS -  « Dans nos rêves les plus fous, nous avons su nous immerger pour survivre l'indicible! »

Ce que j´ai appris de la lecture et de la peinture haïtienne.

Retrouver ses racines profondes quand on vit en diaspora est une quête. Il faut le faire pour se sentir bien dans sa peau. Savoir, comprendre  quel « esprit » nous anime, voici tout  le secret. Ma joie d'être Haïtienne est inexprimable. Je  me joins à vous pour célébrer l'imaginaire  haïtien, source d'inépuisable  « richesse humaine » mais également de force  combative.

Le roman  haïtien, fertile comme le ventre de la femme créole (n'en déplaise à Malthus et Macron) de même que la peinture haïtienne, mais également toute autre forme d'art au pays, reflète dans son ensemble  notre âme de liberté, notre sensibilité à l'esthétique, notre quotidien et ceci, malgré et peut-être  à cause de la  malédiction coloniale, des souffrances  endurées dans l'ignominie  hier, dégoulinant sur nos têtes aujourd'hui encore. A quelque chose malheur est bon se plaît à dire la langue du colon, la nôtre.

Antillais, et métisses, notre obsession de liberté est tout entier contenu dans notre littérature et notre art pictural.

 

Littérature

La vie est un songe » dit Calderon de la Barca, illustre écrivain espagnol du XVIIe siècle dans son œuvre théâtrale: ça nous le savions déjà, nous autres Haïtiens! Forcément  le mythe  est inscrit dans  l'ADN de notre sang. C'est ainsi que nous cherchons à  faire reculer toutes les horreurs  de cruauté et d´abrutissement de l'humain; du moins nous essayons.

L'exil de soi et l'exil de notre pays. Tout au début c'était l'exil en soi, après ce fut l'exil dans l'ailleurs. Nombreux sont nos écrivains à s'inscrire dans ce thème.

 

La lecture est un ressourcement.

  • Pour ceux qui lisent le théâtre, je recommanderai : « Monsieur le Président » de Gerard Etienne aux Editions Du Marais, mais également un texte plus récent aux éditions Fardin : « Le Coq et la Pintade » de Théodore Achille.
  • A ceux qui veulent s'enquérir de certaines explications plausibles sur le vodou : Alfred Métraux, Le vaudou haïtien  est un classique et  m'a beaucoup appris.
  • Pour sa part  le martiniquais Edouard Glissant a forgé la « créolité »!  une pensée brillante qui fait du métissage des cultures et de race une voie de sortie de l'isolement. Oui mes amis, on ne s'isole pas dans la lecture. Maman disait: Quand je parle à mes livres, ils me répondent: Ce sont mes meilleurs amis!

Mais la vie est également un combat! A tous ceux qui réfléchissent sur le devenir de notre chère Haïti, je dirais en avant. Lire mais écrire également ... Exprimez-vous!  C'est un sentier de sortie pour tous. Lire et  écrire c´est plus...

 

Peinture

Si la peinture haïtienne est fabuleuse, c'est parce qu'elle nous raconte le geste national agrandi du  fantastique. Des histoires de rêve et  de vision, sombres mais à vifs. Le nocturne porté à la lumière du chaud et lumineux soleil tropical.   

Thèmes: Divers tableaux: Ici, les ancêtres s'animent dans la danse frénétique au rythme du tambour vaudou. La cavalcade de  l'armée indigène libératrice s´avance droit vers nous. Les va-nu-pieds des plantations brûlent les champs; la révolte de marrons crève la toile. Il y a également l'exposé des prestigieuses villas coloniales pain d´épice,

Nous admirons ailleurs les  visages séduisants des femmes créoles de l'école de la beauté. En Haïti RalphAllen démontre habilement le tourbillon réaliste de  la tourmente actuelle.

L'expression du dessin naïf, les couleurs primaires en font un enchantement. Le pointillisme, expression  de certains peintres plait en confondant les contours du regard. Quand on avance dans le l'espace-temps et géographique, l'artiste « diaspora haïtien » libère  les grands espace. L'artiste  post-modernisme  Kristo est sur Facebook. Voyez vous-même  sa palette, percevez  sa franchise.

Le public universel n'aura jamais fini de s'extasier sur notre liberté d'expression, notre besoin d'énoncer une vérité universelle partant du  merveilleux tomas-ien (d’Haïti Toma) qu'aucun cadre ne peut emprisonner.

Pensez à  notre Jean-Michel Basquiat qui a codé sa souffrance et son haïti-anité. Peu le disent car ses critiques d'art sont quelque peu étrangers au message de Basquiat. Et donc, que dire de l'appropriation américaine et spécifiquement  française? Tout ceci me laisse pantoise. Était-t-il de nationalité américaine, haïtienne ou portoricaine quand il a produit ses œuvres? Qui d'Haïti aura écrit sur lui et son œuvre? Tout ceci je l'ai appris en lisant et en réfléchissant.

Enrichi de nos lectures et de notre vision picturale peu commune, nous auront conclus. Nous entreprendrons surement  de puiser en tout le meilleur. Des vilenies et les violences atroces du passé nous aurons appris que l'homme peut-être bon et méchant à la fois. Nos lectures, notre intérêt pour l'art national, servira enfin à quelque chose: nous animer à la réflexion.

Nos dirigeants, ceux qui ont oubliés notre « âme » et nos « esprits » seront rappelés à l'ordre. Et l'ordre c´est nous, nous tous qui savons qu'il y a mieux.

Michelle Mevs

@moijelis

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