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N° 001 – Réseau social et vie privée

Poulard CHARLES Le monde ne saurait être ce qu’il est sans l’omniprésence des réseaux sociaux. Qu’il s’agisse de Facebook, Twitter, Google+, Instagram, Snapchat, WhatsApp, LinkedIn pour ne citer que ceux-là, chacun joue un rôle dans notre vie et il serait aberrant, de faire semblant d’ignorer l’existence de ces entités qui s’imposent comme une évidence en matière d’échange de données, de publication, d’audiovisuel, etc. 

A priori rien de sorcier, la facilité d’utilisation de ces condensés de technologies a toute bonne grâce à nos yeux. Un fait non négligeable est qu’elles sont le fruit des nouvelles technologies de l’information et de la communication (NTIC). Toute une infinité de services sont mis à notre disposition et ceci sur de nombreux supports, entre autres le téléphone, la tablette, l’ordinateur, la montre connectée, le téléviseur, etc. Allant d’un simple message (texto) pour arriver au dernier en date : la retransmission vidéo instantanée. Pour certains il paraît inconcevable de passer même une minute sans une connexion internet, pour ces gens-là, le monde va trop vite, il faut être à l’écoute, au risque de ne pas être à jour, de passer pour un homme des cavernes aux yeux de ses semblables, familles, amis et collègues ; comme diraient les anglo-saxons, il faut éviter d’être « out of date ». 

Les réseaux sociaux, comme d’autres mutations technologiques antérieures, permettent à la fois une meilleure facilité d’accès à l’information, un renforcement du marketing numérique, des gains de productivité pour les entreprises et aussi augmentent la pression sur ceux qui via de nouveaux métiers permettent à ces liaisons de rester en vie.  Sans vouloir être exhaustif, on peut citer les : ​Social Media Manager (Directeur de communication 2.0) - ​Social Media Planner (Planificateur 2.0) - ​Social Media Optimizer (Spécialiste du référencement média social) - ​Social Business developer (Chargé de développement commercial) -​Social Media Architect (Stratège des médias sociaux) - Content manager (Gestionnaire de contenu) - ​Watchman (Veilleur du web) - Social Media developer (Webmaster 2.0). 

Tous ces nouveaux postes du numérique répondent à des besoins bien spécifiques et aux nouvelles exigences, demandent un savoir et un savoir-faire hors du commun : c’est comme avoir un œil qui joue au billard et l’autre qui compte les points, il faut constamment rester branché sur le monde des concurrents, des surfeurs (utilisateur du web), des nouvelles technologies, des législations et du réseau social en question. 

Pour les surfeurs, c’est l’apothéose: finie l’ère des journaux papiers, des lettres manuscrites, des impressions photo, des albums de famille cachés dans un tiroir, de la télévision traditionnelle, de l’échange de données sur support physique,  et bienvenue dans le monde du numérique où tous les faits et gestes des collègues, amis et famille sont sauvegardés, immortalisés, améliorés, partagés, aimés, commentés, reproduits, collectés et transformés. On oublie vite que ce bout de vidéo marrante d’un enfant ou d’un ami dans une fête mondaine, en train de faire une bêtise, posté sur une page, peut dans un futur proche ou éloigné lui causer des préjudices qui,  Dieu seul le sait, le laisseront indemne. Bien sûr, tout cela s’accompagne d’un ensemble d’inconvénients non négligeables, qui peuvent parfois porter atteinte à l’intégrité même de ceux qui sont susceptibles d’en être victimes. Le risque, c’est qu’il y ait une telle facilité d’utilisation des services offerts par les réseaux sociaux que les internautes ne prennent même pas le temps de s’informer des dangers susceptibles de bouleverser le cours de leurs vies.

La frontière de la vie privée est-elle infranchissable ? 

N’est-ce pas une nouvelle façon de « prouver » qu’on est heureux en famille, de « montrer » au monde entier notre niveau de culture en immortalisant les endroits fabuleux visités ou en s’affichant avec des vedettes, de « valider » notre niveau de compétence dans un domaine par la mise à jour de notre profil au moindre changement dans notre carrière? Mais cette course à la preuve, à la démonstration et à la validation de sa personne ne saurait redorer notre blason si nous ne laissons la vie privée à sa place, celle où elle nous protège. Comme disait Jacques Chardonne : «​ ​Rien de précieux n’est transmissible. Une vie heureuse est un secret perdu ​ ​». Faire fi de tout cela, c’est comme violer l’article 12 de la déclaration universelle des Droits de l’Homme qui affirme que « Nul ne sera l'objet d'immixtions arbitraires dans sa vie privée, sa famille, son domicile ou sa correspondance, ni d'atteintes à son honneur et à sa réputation. Toute personne a droit à la protection de la loi contre de telles immixtions ou de telles atteintes. »

Mais pourquoi faut-il se méfier d’un réseau social ? 

Un élément essentiel qui devrait enseigné à toute personne qui s’apprête à se lancer sur les réseaux sociaux est que toute publication, qu’elle soit d’ordre textuel, photographique, vidéographique, et autre, devient un bien numérique incontrôlable au moment où l’on décide de la partager. Oui, il y en a qui vont avancer le fait de la partager avec une ou deux personnes de confiance, avec des amis (sûrs), avec un groupe d’intérêt, etc. Mais tout cela n’empêche pas qu’à la seconde  où vous appuyez sur publier, un des destinataires peut télécharger ce contenu sur son support, et même si la seconde d’après on se rend compte du danger en le supprimant, le mal est déjà fait. Un jour, un individu de mauvaise intention ayant accès à cette information vous concernant pourrait se donner les moyens de vous faire chanter, de le publier dans un autre contexte, ou tout simplement de vous faire du mal. Alors, rien et vraiment rien ne pourra vous sauver. 

Alors, réseau social et vie privée ne peuvent en aucun cas se chevaucher, mais pourraient en toute sécurité se côtoyer si l’on prend la résolution à chaque fois de se poser la question cruciale avant toute publication : « À l’avenir, en quoi  cette publication pourrait nuire à ma réputation, à celle de mes proches ou de mes semblables, au cas où quelqu’un s’aventurerait à l’utiliser à mes dépens »?

Que dire de plus, sinon qu’une personne avertie en vaut deux, et « les vertus sans prudence sont des beautés sans yeux. »

Poulard CHARLES 

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