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N° 032 - Je lis pour oublier mes maux

Elisée DECEMBRE - Entre passe-temps et passion, mon amour pour la lecture crée une place beaucoup plus importante.  Pour moi, la lecture est plus que le rapport entre une combinaison de lettre projetée vers la mémoire au moyen du miroir de l’âme, elle dépasse également l’envie de s’informer et de se former, elle représente une thérapie. En fait, je lis pour oublier mes maux.

J’avoue que je n’ai pas été dans le passé un fervent disciple de la lecture, mais toute habitude exige une première fois. Je me rappelle du premier bouquin que j’ai lu comme si c’était hier. C’était une bande dessinée : « Les aventures de Tintin », j’ai adoré l’histoire. Depuis je me suis mis à lire des BD comme Picsou Magazine, Mickey Mousse etc… à l’époque la lecture était pour moi un amusement. 

J’ai grandi avec l’habitude de la lecture imagée, j’ai laissé les BD pour continuer avec les Romans photos, je les trouvais à porter de main car mes deux sœurs ainées les achetaient par douzaine.  Mais parallèlement je m’efforçais de m’habituer à d’autres types de livre, parce qu’en classe de 7e année fondamentale,  mon établissement me faisait l’obligation de  lire un roman tous les mois puis d’en faire le résumé. A ce stade, c’était pour moi très difficile, car ces livres ne possédaient aucune image pour illustrer les dialogues. Il fallait que je crée le décor, imaginé le profil du héros ou de l’héroïne me mettre dans l’ambiance du narrateur tout ceci dans ma petite mémoire. La lecture était devenue un fardeau.

Mais au fil des mois, j’ai trouvé que c’était très amusant et même excitant. Au lieu d’un livre j’en lisais deux. Si on voulait continuer avec la lecture d’un livre après l’école, il nous fallait une carte de bibliothèque, je m’en suis vite procurer une, et cette fois j’ai passé à quatre romans par mois. En 3e secondaire il fallait que je lise d’autres types de livres. J’ai pris alors une carte de la Bibliothèque Nationale, quoique j’habitais en Plaine, cela ne me causait pas trop de difficultés car elle n’était qu’à une rue de mon établissement scolaire. Je me rendais souvent là-bas après cours pour effectuer des recherches sur les auteurs vus en salle de classe et préparé des exposés. La lecture m’est devenue indispensable.

Après avoir vécu ces expériences avec la lecture, j’ai compris que tout ce qu’on a su, tout ce qu’on sait et tout ce qu’on doit savoir se trouve dans un livre. Aujourd’hui, à travers tout ce qui se passe dans le monde, dans mon pays et dans mon entourage, on peut conclure que la lecture est ignorée par plus d’un. Mais au milieu de toutes ces complications, je trouve encore le plaisir de lire. Car si les jeunes d’aujourd’hui utilisent la technologie à des fins tordues, moi je l’utilise pour réaliser ce que me paraissait difficile dans le temps. Avec un clic j’ai l’auteur et le livre qu’il faut.

Lorsque tout s’écroule, lorsque mes soucis me dépassent, je lis, et la lecture me donne une certaine force à surpasser mes problèmes. Après une bonne dose de lecture mes idées deviennent plus claires. Je trouve comme par enchantement comment surmonter mes obstacles. Lorsque je lis, j’arrête le temps pour créer un monde, pour créer mon univers. Le temps d’une minute, je vis une heure, le temps d’une heure, je vis toute une éternité. Et c’est à ce moment que j’ai compris durant cette éternité, je n’ai pas le temps de penser à mes corvées, mes embarras, mes problèmes tout est oublié. Aujourd’hui je lis non seulement pour me former, pour m’informer, mais je lis surtout pour oublier mes maux.

 

Elisée DÉCEMBRE

Directeur de publication de Barnabas Magazine

@moijelis

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