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N° 036 – Je lis pour assouvir ma soif

Mariah C. Shéba BAPTISTE – Je ne me sens jamais aussi importante que lorsque j’ai un livre en mains. Hier soir, j’ai fait un rêve, à la fois beau et excitant, c’était moi en 2030. J’étais une grande écrivaine, c’était trop merveilleux, j’étais épanouie et très détendue. Le ciel s’ouvrait à moi, m’offrait ses mystères et j’ai su que le monde avait été découvert à travers les mots. La terre quant à elle s’était vêtue de vers pour interpréter la douceur de chaque phrase qui respire la vie. De plus en plus beau, l’univers se transformait en prose ensoleillée. Le rêve était mirifique, ma vie était une fleur qui ne faisait qu’éclore au rythme des sentences qui marquaient le temps avec leurs maladresses bien écrites. En 2030, mon âme se rassasiera-t-elle des mots ou cesserai-je de rêver ? Ni l’un ni l’autre. Laissez-moi-vous raconter ma vraie histoire avec la lecture.

Je suis folle, dit-on, et le récit de ma vie a débuté comme ça, par la folie et cette folie a toujours été ma seule motivation dans la vie. Le fait de savoir que moi je suis folle a un grand avantage, nourrir ma folie comme bon me semble et l’utiliser comme cela me chante. J’ai lu un jour que se servir de sa folie, c’est à l’origine même de l’esprit créatif. Je rêve, je délire et Dieu sait combien les papiers en souffrent. Je suis une bête féroce, un animal nocturne, un loup garou, une reine, une rebelle, un garçon, ma folie me permet de faire mon théâtre et mes scènes, je les crée, je les invente avec des vocables et des pleurs qui fort souvent sont saturés de plaintes et de rêves à n’en plus finir. J’ai souvent tendances à trop parler quand je rencontre une feuille qui s’avère être pour moi la meilleure  des thérapeutes.

 Je suis la benjamine et la petite fille gâtée diriez-vous. Mais non, je suis plutôt celle qui n’aurait pas du naître. Mes frères et sœur, ceux que je connais, sont beaucoup plus âgés que moi, qui me retrouvais toujours rejetée et abandonnée. De plus, j’étais souvent malade, je ne supporte pas les rigueurs du climat, mon plus grand ennemi qui menace de me tuer un jour tant je suis frêle et fragile. Mon père était rarement à la maison et ma belle-mère jouait à la princesse et la sorcière avec moi. Ma maison était tout sauf celle dans laquelle j’avais vraiment envie de vivre, une grande forteresse où je faisais Raiponce. Je me sentais toujours vide et seule. J’en avais plus que marre de vivre entre deux tubes qui me procuraient l’oxygène et les petits murs roses qui me servaient d’abri permanent. Mon enfance n’est faite ni de jouets ni de souvenirs. À l’école, j’étais la protégée de tous les professeurs et la victime de tous mes camarades. À 8 ans, un jeudi, je me suis enfuie de chez moi, mes parents ne l’ont remarqué que le dimanche. J’aimais marcher à la montagne. J’avais toutes sortes d’amis mais les meilleurs que j’ai eu sont les anolis, qui étaient souvent à mes côtés même si c’était rarement les mêmes. Moi je les comprenais, je pouvais parler leurs langues, je pouvais même rire pendant des heures avec eux et eux aussi savaient ce que je vivais, ils me comprenaient mieux que mes frères et sœurs. J’étais heureuse avec mes amis anolis. Jusqu'à ce jour où ils ont découvert que je parlais et riais toute seule. Ils ont commencé à dire que j’étais folle. Au début ça me déplaisait, ça me faisait même pleurer. Jusqu'à ce qu’un jour je prenne la décision de me servir de ça contre eux. Puisque je ne pouvais pas parler, j’ai décidé d’écrire des lettres à tous mes amis anolis. La première lettre leur disait que pendant les jours, lorsque j’étais en cours, je ne pourrais pas leur parler à cause de ces gens qui me surveillaient mais que je leur enverrais des lettres pour leur donner de mes nouvelle dès que possible. La deuxième lettre décrivait c’était mon quotidien et ainsi de suite… je pouvais passer des heures à transcrire mes rires et mes pleurs sur ce bout de papier qui me servait d’otage.

Un jour, c’était mon anniversaire, mon grand frère m’a donné comme cadeau un de ses livres préférés, le Comte de Monte Cristo. À l’époque, j’étais très jeunes, le tome paraissait trop volumineux pour moi, et mes autres frères qui eux me regardaient porter le livre trouvaient que c’était plutôt une punition. Comme je faisais l’enfant pas trop normale, ils allaient bien voir que je saurais me débrouiller avec ce livre. En un mois, je l’ai terminé et c’était la plus belle histoire que j’ai jamais su lue. Mes yeux étaient remplis d’admiration pour Alexandre Dumas, je l’ai donc inscrit dans la liste de mes amis et à chaque fois que j’écrivais, il recevait une lettre lui aussi. Plus tard ma grande soeur, qui avait déjà terminé ses études universitaire, a vu mon enthousiasme pour les livres m’a offert le tome 2. C’était le plus beau jour de ma vie. Ce jour-là j’étais devenue Christophe Colomb, une grande exploratrice partie à la recherche des mots. Plus tard, pour compléter ma collection, j’ai reçu « Belle vie », un roman de Danielle Steel et ensuite les autres que je me suis procurés tel  que l’Album de famille, etc.

Mon père, lui, était le plus censé de la famille. Un jour, après avoir lu les 7 tomes d’Harry Potter et les avoir expliqués à toute la classe, la sœur principale l’a contacté pour lui dire que je développais une certaine passion pour les livres. Mon père a donc décidé de m’aider  à nourrir ma passion. Il m’achetait à chaque fois une douzaine de « Cœur grenadine » et mes préférés, ceux qui ont embelli mon monde d’histoires sont ceux de la collection Deschamps d’Odette Roy Frombrun.  Enfin, ma liste d’amis ne contenait pas seulement les anolis, mais j’avais enfin un répertoire bien remplis. Puis l’enfance a fait place à la puberté qui elle aussi a apporté sa gamme d’auteurs, les romans Harlequin, les romans de Barbara Cartland, tant de nouveaux personnages ont surgit avec la puberté.

Puis j’ai laissé tomber les lettres. Les crises de cœurs ont commencé à prendre leurs revanches dans des carnets secrets. Ah j’étais jeune ! Ensuite en seconde, mon prof de littérature, à part des classiques de Corneille et de Racine qu’il nous faisait lire, m’a offert un livre qui reste jusqu'à maintenant l’un de mes préférés, « Le diable dans un thé à la citronnelle », de Gary Victor. Depuis lors, je suis tombée raide dingue amoureuse de cet auteur et j’ai commencé à le lire, à l’imiter dans sa façon si simple de transformer le réel en fantastique. Ensuite  les auteurs comme Dany Laferrière, Lyonel Trouillot, Kettly Mars, Euphèle Milcé ont apporté leur grain de sel dans ma vie de folie. Des auteurs étranger aussi ne m’ont pas laissé indifférente, je parle de Camus,  Machiavel, levis, etc. Je suis donc passée de l’écriture de lettres aux anolis à la lecture de ce que les autres m’enverrais comme messages. Lire est plus qu’une passion : vous ne sauriez trouver un livre Jacques Stephen Alexis que je n’ai pas encore lu et, quoiqu’il en soit, assurez vous d’avoir un centre psychiatrique tout près de vous et vous me verrez  dans tous mes états car les livres ne m’ont pas laissée sans effets secondaires,.

Jusqu’à ce jour, je garde cachées dans un grand cahier quelques lignes inédites et interdites que j’ai griffonnées. Mais, connaissant ceux et celles qui sont sur ma liste d’amis, je préfère clore ce grand cahier pour le moment et ne l’ouvrir qu’en 2030,  lorsqu’enfin je me réveillerai de mon rêve si beau et si excitant.

Je ne me sens jamais aussi importante que lorsque j’ai un livre en mains. Hier soir, j’ai fait un rêve, à la fois beau et excitant, c’était moi en 2030. J’étais une grande écrivaine, c’était trop merveilleux, j’étais épanouie et très détendue. Le ciel s’ouvrait à moi, m’offrait ses mystères et j’ai su que le monde avait été découvert à travers les mots. La terre quant à elle s’était vêtue de vers pour interpréter la douceur de chaque phrase qui respire la vie. De plus en plus beau, l’univers se transformait en prose ensoleillée. Le rêve était mirifique, ma vie était une fleur qui ne faisait qu’éclore au rythme des sentences qui marquaient le temps avec leurs maladresses bien écrites. En 2030, mon âme se rassasiera-t-elle des mots ou cesserai-je de rêver ? Ni l’un ni l’autre. Laissez-moi-vous raconter ma vraie histoire avec la lecture.

Je suis folle, dit-on, et le récit de ma vie a débuté comme ça, par la folie et cette folie a toujours été ma seule motivation dans la vie. Le fait de savoir que moi je suis folle a un grand avantage, nourrir ma folie comme bon me semble et l’utiliser comme cela me chante. J’ai lu un jour que se servir de sa folie, c’est à l’origine même de l’esprit créatif. Je rêve, je délire et Dieu sait combien les papiers en souffrent. Je suis une bête féroce, un animal nocturne, un loup garou, une reine, une rebelle, un garçon, ma folie me permet de faire mon théâtre et mes scènes, je les crée, je les invente avec des vocables et des pleurs qui fort souvent sont saturés de plaintes et de rêves à n’en plus finir. J’ai souvent tendances à trop parler quand je rencontre une feuille qui s’avère être pour moi la meilleure  des thérapeutes.

 Je suis la benjamine et la petite fille gâtée diriez-vous. Mais non, je suis plutôt celle qui n’aurait pas du naître. Mes frères et sœur, ceux que je connais, sont beaucoup plus âgés que moi, qui me retrouvais toujours rejetée et abandonnée. De plus, j’étais souvent malade, je ne supporte pas les rigueurs du climat, mon plus grand ennemi qui menace de me tuer un jour tant je suis frêle et fragile. Mon père était rarement à la maison et ma belle-mère jouait à la princesse et la sorcière avec moi. Ma maison était tout sauf celle dans laquelle j’avais vraiment envie de vivre, une grande forteresse où je faisais Raiponce. Je me sentais toujours vide et seule. J’en avais plus que marre de vivre entre deux tubes qui me procuraient l’oxygène et les petits murs roses qui me servaient d’abri permanent. Mon enfance n’est faite ni de jouets ni de souvenirs. À l’école, j’étais la protégée de tous les professeurs et la victime de tous mes camarades. À 8 ans, un jeudi, je me suis enfuie de chez moi, mes parents ne l’ont remarqué que le dimanche. J’aimais marcher à la montagne. J’avais toutes sortes d’amis mais les meilleurs que j’ai eu sont les anolis, qui étaient souvent à mes côtés même si c’était rarement les mêmes. Moi je les comprenais, je pouvais parler leurs langues, je pouvais même rire pendant des heures avec eux et eux aussi savaient ce que je vivais, ils me comprenaient mieux que mes frères et sœurs. J’étais heureuse avec mes amis anolis. Jusqu'à ce jour où ils ont découvert que je parlais et riais toute seule. Ils ont commencé à dire que j’étais folle. Au début ça me déplaisait, ça me faisait même pleurer. Jusqu'à ce qu’un jour je prenne la décision de me servir de ça contre eux. Puisque je ne pouvais pas parler, j’ai décidé d’écrire des lettres à tous mes amis anolis. La première lettre leur disait que pendant les jours, lorsque j’étais en cours, je ne pourrais pas leur parler à cause de ces gens qui me surveillaient mais que je leur enverrais des lettres pour leur donner de mes nouvelle dès que possible. La deuxième lettre décrivait c’était mon quotidien et ainsi de suite… je pouvais passer des heures à transcrire mes rires et mes pleurs sur ce bout de papier qui me servait d’otage.

Un jour, c’était mon anniversaire, mon grand frère m’a donné comme cadeau un de ses livres préférés, le Comte de Monte Cristo. À l’époque, j’étais très jeunes, le tome paraissait trop volumineux pour moi, et mes autres frères qui eux me regardaient porter le livre trouvaient que c’était plutôt une punition. Comme je faisais l’enfant pas trop normale, ils allaient bien voir que je saurais me débrouiller avec ce livre. En un mois, je l’ai fini terminé et c’était la plus belle histoire que j’ai jamais lue. Mes yeux étaient remplis d’admiration pour Alexandre Dumas, je l’ai donc inscrit dans la liste de mes amis et à chaque fois que j’écrivais, il recevait une lettre lui aussi. Plus tard ma grande soeur, qui avait déjà terminé ses études universitaire, a vu mon enthousiasme pour les livres m’a offert le tome 2. C’était le plus beau jour de ma vie. Ce jour-là j’étais devenue Christophe Colomb, une grande exploratrice partie à la recherche des mots. Plus tard, pour compléter ma collection, j’ai reçu « Belle vie », un roman de Danielle Steel et ensuite les autres que je me suis procurés tel  que l’Album de famille, etc.

Mon père, lui, était le plus censé de la famille. Un jour, après avoir lu les 7 tomes d’Harry Potter et les avoir expliqués à toute la classe, la sœur principale l’a contacté pour lui dire que je développais une certaine passion pour les livres. Mon père a donc décidé de m’aider  à nourrir ma passion. Il m’achetait à chaque fois une douzaine de « Cœur grenadine » et mes préférés, ceux qui ont embelli mon monde d’histoires sont ceux de la collection Deschamps d’Odette Roy Frombrun.  Enfin, ma liste d’amis ne contenait pas seulement les anolis, mais j’avais enfin un répertoire bien remplis. Puis l’enfance a fait place à la puberté qui elle aussi a apporté sa gamme d’auteurs, les romans Harlequin, les romans de Barbara Cartland, tant de nouveaux personnages ont surgit avec la puberté.

Puis j’ai laissé tomber les lettres. Les crises de cœurs ont commencé à prendre leurs revanches dans des carnets secrets. Ah j’étais jeune ! Ensuite en seconde, mon prof de littérature, à part des classiques de Corneille et de Racine qu’il nous faisait lire, m’a offert un livre qui reste jusqu'à maintenant l’un de mes préférés, « Le diable dans un thé à la citronnelle », de Gary Victor. Depuis lors, je suis tombée raide dingue amoureuse de cet auteur et j’ai commencé à le lire, à l’imiter dans sa façon si simple de transformer le réel en fantastique. Ensuite  les auteurs comme Dany Laferrière, Lyonel Trouillot, Kettly Mars, Euphèle Milcé ont apporté leur grain de sel dans ma vie de folie. Des auteurs étranger aussi ne m’ont pas laissé indifférente, je parle de Camus,  Machiavel, levis, etc. Je suis donc passée de l’écriture de lettres aux anolis à la lecture de ce que les autres m’enverrais comme messages. Lire est plus qu’une passion : vous ne sauriez trouver un livre Jacques Stephen Alexis que je n’ai pas encore lu et, quoiqu’il en soit, assurez vous d’avoir un centre psychiatrique tout près de vous et vous me verrez  dans tous mes états car les livres ne m’ont pas laissée sans effets secondaires,.

Jusqu’à ce jour, je garde cachées dans un grand cahier quelques lignes inédites et interdites que j’ai griffonnées. Mais, connaissant ceux et celles qui sont sur ma liste d’amis, je préfère clore ce grand cahier pour le moment et ne l’ouvrir qu’en 2030,  lorsqu’enfin je me réveillerai de mon rêve si beau et si excitant.

Mariah C. Shéba BAPTISTE

@moijelis

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